Bienvenue sur le site de la liste Ecologie Solidaire en Franche-Comté
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Notre bulletin de vote sera disponible uniquement dans les bureaux de vote le jour du scrutin. En voici un spécimen :
Nous vous proposons également de voir les fanions crées pour la campagne en cliquant ici

Plus de gaz à effet de serre, de réfugiés du climat, plus de smicards à temps partiel, de pesticides dans nos assiettes, de Round Up dans l’eau « potable », plus de déchets de plus en plus polluants, de transports sur des distances de plus en plus longues, plus de famines, de mal logés ou pas logés du tout, plus de solitude…
Moins de service public, moins de lien social, moins de fraternité, d’égalité, d’autonomie.
Pour sortir de cette crise … de croissance, la société doit réaliser une métamorphose, l’homme est condamné à l’intelligence, à la modération et au partage.
En vert et pour tous !
Des écologistes au conseil régional. Pour faire quoi ?
- Inverser la tendance en agriculture : des fermes de plus en plus grosses L’aide à l’installation ne doit pas être uniquement une aide à l’agrandissement ;
- Favoriser des projets peu gourmands en surface : maraîchage, paysans boulangers ;
- Promouvoir l’agrobiologie bonne pour la santé du sol, de l’homme, des abeilles, non dépendante du pétrole, l’enseigner dans nos lycées agricoles ;
- Manger bio au lycée ;
- Accompagner les agriculteurs en difficulté. La pauvreté rurale ça existe !
- Encourager les projets agri-ruraux innovants ;
- Substituer céréales et protéagineux produit ici, au soja brésilien pour nourrir notre bétail ;
- Promouvoir la méthanisation notamment les lisiers de porc ;
- Interdire le Round Up, herbicide cancérigène très utilisé, non recherché dans les analyses d’eau, mais probablement présent dans l’eau potable ;
- Soutenir les AMAP, les Jardins de Cocagne et les structures d’insertion ;
- Protéger la filière Comté des appétits des grands groupes ;
- Arrêter le drainage des zones humides, rendre aux zones asséchées leurs fonctions d’éponge et de filtration ;
- S’opposer au projet Dalkia- Veolia chez Solvay qui consommerait 400 000 tonnes de biomasse issues de 7 départements, projet dangereux pour la filière bois locale ;
- Promouvoir et développer encore les réseau de chaleur et chaufferies collectives décentralisées ;
- Revitaliser le commerce de proximité en milieu rural et dans les quartiers ;
- Promouvoir le train pendulaire de Lyon à Strasbourg (produit par Alstom) en alternative de la branche Sud LGV ;
- La branche Est réalisée avec l’accord des Verts a coûté 2.3 milliards d’euros publics dont 316 millions de crédits régionaux ;
- Booster PME et artisanat locaux par un vrai programme de maîtrise de l’énergie prioritairement dans le logement social et d’énergies renouvelables, accompagner d’un programme de formation dans les lycées et les GRETA ;
- Evaluer le potentiel en géothermie profonde de la région ;
- Aides les communautés de communes à installer et gérer les sites éoliens pour leur propre compte ;
- Soutenir la volonté des collectivités qui souhaitent s’affranchir de la main mise des grands groupes sur la gestion de l’eau ;
- Aider des projets d’électricité photovoltaïque dans le tiers monde, avec des ONG comme Electriciens sans Frontières.
A la Région dans un groupe majoritaire, nous serons des partenaires exigeants et porteurs de projets. Nos élus s’appuieront sur la dynamique d’Ecologie Solidaire en Franche-Comté, creuset d’idées et de propositions.
Il ne sert à rien de critiquer les choses, il faut simplement les changer.
Michel Moreau
La Décroissance est avant tout une remise en question de notre société de consommation, sans hypothéquer nos acquis démocratiques, sociaux et culturels.
La Décroissance n’est pas la décroissance de tout pour tous, ni un retour en arrière vers un pseudo bonheur perdu, mais bien un virage, une bifurcation, que nous devons prendre afin de sortir de l’engrenage destructeur de la société de croissance. A l’aide de ses meilleurs outils que sont le capitalisme, le libéralisme, l’ultra-libéralisme et autres néo… la société de croissance accumule dramatiquement les crises environnementales, sociales, économiques, culturelles et politiques.
Devant ce constat, il est urgent de dire à tous les citoyens qu’il ne s’agit pas de choisir entre « croissance et décroissance » mais bien entre une décroissance volontaire et une récession subie.
Les problèmes sociaux et environnementaux de notre système ne pourront être résolus ni en ajustant quelques paramètres, ni par les seules initiatives personnelles.
C’est pour tout cela qu’il est essentiel de proposer aux citoyens un projet politique capable de transformer ce modèle qui met en danger notre avenir.
Source : partipourladecroissance.net
Notre vision philosophique est fondée sur la relation de l’homme avec le milieu naturel et notre projet politique, ancré à gauche, a pour but de rendre la Franche-Comté et les Franc-Comtois plus autonomes pour se libérer progressivement des grands groupes financiers et retrouver ainsi une qualité de vie. La croissance sans limite ruine la planète et détruit les hommes. Il faut ré-inventer un nouveau mode de vie, en dehors de la consommation, propice à l’épanouissement individuel, dans une société dont la base sera le mutualisme et la coopération. La droite est incapable d’entendre notre discours. Ce sont ces vraies valeurs de gauche qui doivent déterminer le vote dimanche prochain.
Claude Buchot
Notre programme, fondé sur le concept de « relocalisation » des activités, des transports et des relations entre les individus, remet fondamentalement en cause le modèle de développement productiviste actuel basé sur la croissance à tout va et sans fin des biens produits et consommés, qui ne répondent pas, le plus souvent, aux véritables besoins de la population.
Il vise à améliorer les conditions d’existence de toute la population franc-comtoise et, plus particulièrement, celle des locataires des 73 000 logements sociaux répartis sur le territoire, parmi les plus touchés par les effets négatifs de cette « croissance » censée apporter le bonheur : précarité économique, sociale et énergétique, isolement, etc.
Ainsi, la réaffectation d’une partie des crédits publics prévus pour la LGV-Ligne ferroviaire à grande vitesse- branche sud à la réhabilitation et à l’isolation thermique du parc améliorera le confort quotidien et soulagera la quittance locative, tout en « ménageant » les ressources naturelles. Cette intervention sur les logements eux-mêmes et sur les parties communes des immeubles (halls, montées d’escaliers, etc.) devra être complétée par un réaménagement des espaces extérieures de ces quartiers, souvent peu végétalisés, d’une faible qualité architecturale et urbaine et, pour tout dire, donnant le sentiment d’être laissés à l ‘abandon. L’amélioration du cadre de vie dans son ensemble peut déjà, en soi, redonner une perspective aux habitants et aussi changer l’image de ces quartiers souvent stigmatisés, à tort, dans les « représentations » collectives.
Par ailleurs, l’énorme travail généré par ces chantiers de réhabilitation en direction des artisans locaux pourra profiter aux habitants, touchés plus que d’autres par le chômage, à travers la clause d’insertion des marchés publics, par exemple.
On imagine aussi les effets que pourraient entraîner le développement d’un agriculture de proximité prônée dans notre programme, avec des exploitations à taille humaine localisées dans le voisinage favorisant l’approvisionnement direct , pour une alimentation saine, source de santé et à coûts abordables , des populations. Des jardins familiaux, y compris à l’intérieur des quartiers, soulageraient le budget des ménages, favoriseraient le lien social , le vivre-ensemble et la coopération, avec des échanges de savoirs entre catégories professionnelles et entre générations (combien de personnes âgées, souvent isolées, dont les connaissances et l’expérience « dorment » dans ces logements, alors qu’elles ne demandent qu’à participer à la vie sociale en faisant œuvre utile…. !!!). Il est temps d’utiliser cette « ressource » infinie, sans cesse en renouvellement et inépuisable, dans des actions concrètes…
Des commerces et des services de proximité( Poste, structures d’animation, ateliers de réparation de petit équipement, etc.), adaptés aux besoins, sont également de nature à bonifier la vie dans ces quartiers.
Enfin, notre programme met un fort accent sur les transports, pour des raisons écologiques en favorisant les modes collectifs mais aussi pour des raisons de solidarité entre catégories de populations : si nous sommes fondamentalement opposés à la LVG, c’est, entre autres, parce que cette ligne est profondément inégalitaire dans son principe puisque destinée à faire voyager à vitesse folle des hommes d’affaires entre métropoles européennes (Francfort et Barcelone, par exemple) … Plutôt que de regarder « passer » le train en Franche-Comté, nous préférons consacrer l’argent public à des transports utiles aux populations locales. Ainsi, avec la mise en œuvre de notre programme, les habitants des quartiers d’habitat social pourraient profiter de dessertes en nombre suffisant et « cadencées » pour leur donner un accès facile aux centres-villes et aux zones des territoires dans lesquelles ils souhaitent se déplacer pour leurs besoins professionnels ou autres.
A l’issue de ces élections régionales, la Région devra mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à l’amélioration des conditions de vie des personnes qui vivent dans les 73 000 logements sociaux de Franche-Comté.
Hervé Drouot
Voici la vidéo des listes Europe Décroissance lors de la campagne des élections européennes en 2009 :
Le vent souffle-t il enfin dans le sens de notre chemin, pour reprendre l’expression de Bertrand Picard, moderne Icare, complice du soleil ?
La Franche-Comté n’est pas la région la mieux située pour l’énergie éolienne. Mais on ne peut, ni ne doit installer toutes les éoliennes sur le littoral. Une production satisfaisante est possible sur de nombreux sites comtois, à l’instar du Lomont : un rendement de 25 à 30 % de la puissance nominale assure, au prix de d’achat de 8,2 centimes d’euros par kWh, un temps de retour du capital investi de moins de 7 ans. C’est cette rentabilité qui incite les sociétés privées à démarcher les collectivités locales. Ce prix d’achat est 1.7 centimes plus cher que le courant le prix du courant vendu dans la prise par EDF, la différence étant réglée par le consommateur. Sur le site du Lomont dans le Doubs, une éolienne fonctionnant à 25% de sa capacité, génère 74 000 euros par an. Avec les 15 éoliennes installées sur ce site, c’est un peu plus d’un million d’euros qui part dans les fonds de pensions australiens, propriétaires du site : autant en emporte le vent !
Le vent en tout cas vient au secours de l’économie jurassienne. L’entreprise Alizeo qui fabrique des éoliennes rabattables destinées aux régions soumises à des cyclones, reprend FCI, entreprise de Lons-le-Saunier placée en liquidation le 8 janvier dernier. Ne passons pas à coté de cette opportunité, créons un pôle de compétence éolien : demain les éoliennes seront entièrement fabriquées en Franche-Comté : les pylônes et les roulements chez Alizeo et SKF à Lons-le-Saunier, les génératrices à Beaucourt chez CEB, les pales en matériaux composites dans la Plastic Valley… Associons les collectivités locales qui mèneront la Franche-Comté vers l’autonomie énergétique en installant des éoliennes grâce à l’épargne solidaire des franc-comtois. Métabief et les Rousses seront les premières stations européennes à satisfaire leurs besoins en énergie par vent et soleil : autant en apporte le vent !
Michel Moreau et Walter Billig, le 22 février 2010
Chaque année, 5 à 6000 permis de construire sont accordés en Franche-Comté pour la réalisation de logements. La majorité de ces logements sont des pavillons construits en périphérie des zones urbaines, augmentant encore l’étalement urbain et repoussant les ménages les plus modestes de plus en plus loin des centres-villes, devenus financièrement inabordables. Pire, chaque village dans un rayon de 20km autour d’une ville a aujourd’hui son lotissement. Or ce grignotage urbain se fait au détriment des espaces naturels et des terres cultivées : entre 2000 et 2006, la surface de logement à augmenter de 14% sur le territoire du Grand Besançon tandis que les territoires agricoles y diminuaient de 5,9% et les espaces forestiers et naturels reculaient de 1,5% (2) . L’impact social de l’étalement urbain est lui aussi loin d’être négligeable. Les ménages les plus modestes, repoussés en périphérie urbaine voir en milieu rural, sont en effet tributaires de leur voiture pour aller travailler ou faire leurs courses. Le prix des carburants augmentant, les déplacements prennent alors une place de plus en plus conséquente dans le budget de ces ménages, au détriment de leurs autres postes de dépenses. N’oublions pas enfin d’aborder la banalisation de nos paysages par ces pavillons standardisés entouré de leur sempiternelle haie de thuyas (variante : le mur en plotets nus, sans enduit) qui porte atteinte aux signatures architecturales de notre belle région.
Dans le même temps, 30 000 logements sont vacants en Franche-Comté. A titre d’exemple, 280 logements sont vacants sur la commune d’Arbois, soit près de 14% des 2034 logements que compte cette petite ville du vignoble jurassien (2) . D’une manière générale, cela va de l’appartement vide qui, pour une raison ou pour une autre, n’est pas mis en location, à la maison en vente qui ne trouve pas acheteur, en passant par l’ancien corps de ferme inhabité depuis des années et qui menace de tomber en ruine.
Cette petite réflexion sur l’urbanisation croissante de notre région m’amène enfin à la question suivante : à l’heure où les lotissement « Haute Qualité Environnementale » et les « éco »-hameau fleurissent un peu partout en France, y compris en Franche-Comté, peut-on considérer comme écologique une maison neuve construite à plusieurs dizaines de kilomètres de son lieu de travail ou des commerces et en dehors de toute ligne de transport en commun, quand bien même cette maison serait-elle construite avec des matériaux naturels et locaux, avec un chauffage par énergies renouvelables et un assainissement par les plantes ? J’en doute…
La limitation des constructions neuves, hors rares exceptions, est donc impérative, que ce soit d’un point de vu écologique, social, voir même culturel. Il est primordial de repenser l’urbanisme et plus généralement l’aménagement du territoire afin de lutter contre cette urbanisation galopante en :
- soutenant la rénovation du bâti ancien,
- réservant des surfaces pour l’agriculture extensive,
- améliorant le réseau de transports en commun,
- luttant contre la vacance des logements,
- soutenant les services de santé et les commerces de proximité,
- etc.
Geoffrey BERLEMONT
(1) Données CORINE Land Cover 2000-2006
(2) Données INSEE 2006
Voyons voir ce que c’est…
« C’est l’éducation [hors des] structures traditionnelles de la famille, de l’école ou de l’université.
C’est l’éducation au sein du » temps de loisir « , oui, mais par la pratique volontaire de la vie de groupe, la confrontation, le partage.
C’est aussi l’éducation de chacun par chacun : l’éducation qui ne vient pas d’en haut, des classes dominantes, mais qui cherche à refondre la culture populaire en accordant une égale dignité à toutes les classes de la société.
Celle aussi qui ne se limite pas à la » haute culture « , ni même aux oeuvres d’art, mais qui cherche la culture au sens large : sciences, techniques, sports, connaissance des arts, expression artistique.
C’est l’apprentissage de la citoyenneté, enfin : la citoyenneté qui n’est pas seulement la politisation (l’art de réfléchir sur la politique institutionnelle) mais une pratique active: art de parler en public, de savoir écouter, de gérer un groupe, de s’intégrer à la société… […]»1.
Si l’on fait un bref historique de l’éducation populaire, eh bien…
Grosso modo son histoire s’inscrit dans celle des mouvements socialistes d’émancipation du XIXème siècle en France : révolution de 1848, Commune de Paris, repris ensuite par la Troisième République. Le Front populaire puis la Libération sont des périodes de renforcement et de renouvellement de l’éducation populaire comme condition au « développement culturel » contre le « développement économique », pour faire barrage au capitalisme.2 Il s’agissait donc de favoriser l’épanouissement, l’imaginaire et ainsi l’autonomie de chacun dans un objectif de résistance à un ordre établi. Un objectif de subversion.
Et c’est en cela que l’éducation populaire rejoint les préoccupations des objecteurs de croissance : résister au modèle de société consumériste dominant et qu’on nous propose comme seule alternative. Apporter la subversion, le grain de sable dans les rouages de ce mode de vide imposé comme inéluctable. Par les pratiques artistiques amateurs, le travail, l’échange avec des artistes, par des échanges de savoirs, de savoirs-faire dans tous les domaines on regarde le monde autrement. On trouve son autonomie et la capacité en soi-même et avec le groupe de choisir sa vie et non plus de la subir.
Au sein d’une collectivité locale comme la région il est possible d’encourager ces pratiques d’échanges, de construction collective. Notamment dans les domaines d’expressions artistiques à qui il est essentiel de donner une place de premier plan ; elles doivent participer à redonner du sens au monde, à notre vie en changeant notre regard et en ouvrant le champ de ce qui est possible, imaginable.
Et par exemple en s’engageant dans un soutien aux compagnies, artistes qui travaillent sur ou à destination d’un territoire et avec les gens. Sans pour autant se couper de ce qui se fait au dehors (DANGER !!!!). Que la région prenne aussi le risque de soutenir de jeunes artistes locaux sans se laisser aller à la facilité complaisante de « faire dans les valeurs sûres », décevantes parfois. Que la rencontre des pratiques amateurs et professionnelles soient plus encore encouragées.
Pour que l’imagination, la sensibilité et la créativité deviennent des valeurs portées haut, affichées et non plus reléguées au passe-temps, réduite à la portion congrue de l’existence.
« L’art , qui nous permet de vivre par procuration ou par substitution, propose le seul espace véritablement humain, celui dont sont exclus les soucis de survie et les pulsions d’hégémonie »3
Philippe Barreteau
1 - D’après Jacques Bertin – Pour le magazine Politis (HS n° 29 fev/mars 2000)
2 - Cette idée a été développée par Joffre Dumazedier, sociologue du sport et des loisirs
3 – Gilles Jouanard, le Jour et l’Heure, Verdier p. 147
L’époque est à l’idéologie gestionnaire, et au « Management » : produire PLUS, PLUS vite, vendre PLUS, Moins cher, avec PLUS de marge, PLUS de bénéfice…
Paradigmes indépassables de la modernité ; De l’impensé gestionnaire devrait-on pourtant dire, pour parler d’une pensée enfermée dans un court terme incompatible avec les rythmes de la nature et de la vie.
Gérer : organiser, administrer, utiliser au mieux (wikipédia)
Pour certains il ne s’agirait plus aujourd’hui que de tout gérer dans le meilleur des mondes possible.
Gérer sa vie, son couple, ses enfants, ses émotions, l’Etat, le climat, la biodiversité, son temps, ses affaires, ses relations, son budget…en gros il suffirait de s’équiper de calculateurs, de séquenceurs, d’ordinateurs pour régler l’essentiel de notre passage sur terre, en s’organisant face à une complexité insondable.
Pensée simpliste, purement scolaire, enseignée aux dirigeants, mais qui affecte l’ensemble de notre quotidien et de nos actes et qui contribue à réduire de façon illusoire la complexité des interactions humaines à des sous ensembles accessibles et quantifiables, donnant le sentiment d’une maîtrise possible du réel…Les effets, eux, ne sont pas illusoires quand partout il ne s’agit plus que d’améliorer la productivité du travail, la rentabilité des systèmes, l »efficacité du temps disponible ; Pensée qui contamine l’ensemble du champ social et chacun de nous individuellement en définitive.
« On veut fabriquer vite, simple, éphémère. Oubliant que chacun, en réalité passe l’essentiel de sa vie à aller le plus lentement possible de la naissance à la mort, dans l’espoir d’y accomplir un nombre illimité de térours » (2)
Alors oui il est URGENT de ralentir, de réfléchir, de prendre le temps…de décroître, de vivre enfin !
(1) citation de Jacques Ellul
(2) Du tartuffe J Attali in « chemins de sagesse »
Régis LAURENT
Que l’unité industrielle dont les besoins en énergie sont les plus importants en Franche-Comté s’intéresse à une ressource abondante en région: le bois, plus exactement les déchets de l’industrie forestière, parait logique. Raréfaction et renchérissement des ressources fossiles conduisent à rechercher de nouvelles solutions. Le projet Solvay a un atout. Là, en effet, la cogénération-production d’électricité et de chaleur trouve toute sa pertinence, l’ensemble de la chaleur produite étant utilisée sur le site. Que Solvay utilise une source d’énergie locale, à-priori renouvelable et diminue ses émissions de CO2 semble bien aller dans le sens d’un Développement Durable.
Ceci dit, le projet suscite de nombreuses interrogations et réserves: tout d’abord l’échelle. Au niveau du Jura et de la Franche-Comté c’est un projet gigantesque. La centrale consommera 1000 tonnes de bois par jour (365.000 tonnes/an).
Trois questions viennent à l’esprit: Quel bois ? Produit où ? Transporté comment ? Ensuite, quel sera l’impact de ces transports sur l’environnement, y-compris sur la production de CO2 ?
Quelles seront les conséquences pour l’approvisionnement de la filière utilisant le bois déchiqueté dans des chaufferies collectives qui connaît un essor très intéressant en Bourgogne-Franche-Comté ?
Quel bois ? Solvay n’utiliserait que des petits bois en fagots, d’un diamètre inférieur à 7.5cm. La resource existe-t-elle? Et ces petits rémanents ne doivent-ils pas être laissés en forêt ? Que se passera-t-il si ces petits bois ne sont pas en volume suffisant ou si l’ONF exige leur restitution au sol forestier ? L’approvisionnement de Solvay-Dalkia (filiale de Véolia) empiètera immanquablement sur les usages locaux du bois. Or ces usages locaux, qu’il s’agisse du poêle, de la chaudière à bûches ou de la chaufferie collective sont les plus pertinents sur le plan de l’énergie. Le chauffage au bois régressera, et avec lui le travail de tous les installateurs qui aujourd’hui embauchent. Pour satisfaire 20% des besoins de Solvay en énergie, les usages actuels et en développement du bois-énergie seront sacrifiés. Est-ce pertinent en termes de maîtrise de l’énergie ? Le bois sera collecté dans un rayon de 200 kms, rabattu, disent-ils, sur les gares, et transporté soit par train soit par canal.
Imagine-t-on un camion transbordant son chargement à Champagnole, Andelot ou Frasne où n’existent pas de structures pour réaliser cette rupture de charge? Bien évidemment, le camion se rendra directement à Tavaux! Si les 2/3 du bois étaient acheminés par route sur une distance moyenne de 150 kms, les camions parcourraient près de 1.500.000 kms/an, consommant environ 500 tonnes de gazole pour une production de 1500tonnes de CO2. Le projet de Solvay-Véolia est la démonstraction exacte de ce qu’il ne faut pas faire avec cette ressource locale qu’est notre bois. L’erreur d’échelle est évidente. Les Elus doivent s’opposer à un projet socialement et écologiquement déplorable et qui n’a d’intérêt économique que pour le géant Véolia.
Michel Moreau, 27 août 2009
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